Berthe veille et bâtit. Brigands et famines, maladie et misère côtoient au Xe siècle la naissance des grandes abbayes romanes, Romainmôtier, Payerne, Saint-Victor, Motier-Grandval. Berthe, Reine de Normandie, veille et se défend. Les razzias des Arabes déboulent du Valais, les furieux Hongrois lacèrent au galop la plaine de l’Orbe. Mais le Pays Romand se quadrille de châteaux, voyez les Clées, les Ormonds, Lavaux et les belles filles enflamment leurs chevaliers ardents, voyez la coquine de Vufflens et le preux Artus. Berthe, la Reine des Romands, veille au grain, parcourant le pays sur sa haquenée en filant sa quenouille.
Légendes dramatiques et histoires d’un autre moment sont les piliers d’un pays. Ça donne de la profondeur au paysage et ça colorie les cœurs dans la grisaille ! Ah, que c’était le beau temps !
La Reine Berthe, c’est l’aube du Moyen Age, c’est le premier souffle de l’ère moderne. La Reine Berthe, c’est déjà la Suisse sage, opulente et organisée, c’est l’Helvétie sans les Confédérés d’Outre-Sarine mais avec les gens de Provence et leurs cigales, c’est le Pays Romand ondulé, sous d’autres étoiles.
Une remarque toutefois pour éviter toute désillusion et confusion au lecteur : Berthe, la Reine du Pays Romands, n’a pas de grands pieds.
Elle est simplement mignonne et futée. C’est Berthe, la mère de Charlemagne, qui était affublée de la tare lourde et pesante d’un pied bot !