Ayant quitté la France, Mme de Staël séjourna en Suisse, à Coppet, chez son père, M. Necker, puis visita toute l’Europe, allant à Weimar, Berlin, Vienne, en Pologne, à Moscou, Saint-Pétersbourg, en Suède, en Finlande, et en Angleterre. Accueillie chaque fois avec grand respect alors qu’elle était victime en France, de persécutions aussi mesquines que cruelles : ses ouvrages tronqués à leur parution, interdiction de voyager ou d’approcher Paris, poursuite des personnes qui lui restaient fidèles et lui apportaient leur amitié.
« Ce qui caractérise le gouvernement de Bonaparte, c’est un mépris profond pour toutes les richesses intellectuelles de la nature humaine : vertu, dignité de l’âme, religion, enthousiasme, voilà quels sont, à ses yeux, les éternels ennemis du continent, pour me servir de son expression favorite : il voudrait réduire l’homme à la force et à la ruse, et désigner tout le reste sous le nom de bêtise ou de folie. » (Chapitre III)